Événements

Soutenance de thèse de Monsieur Sacha Genest Dufault

« LES HOMMES | NUS D’AMOUR
L’EXPÉRIENCE MASCULINE DE LA RUPTURE AMOUREUSE :
PERSPECTIVES SUR LE DEUIL, LE GENRE ETLE SENS DANS L’HYPERMODERNITÉ »

Membres du jury:

Gilles Tremblay

Directeur de recherche
École de service social
Université Laval

 Pierre Turcotte 

Professeur
École de service social
Université Laval

Richard Cloutier

Professeur
École de psychologie
Université Laval 

Dominique Bazot

 

Examinateur externe
Professeur
Département des sciences humaines
Université du Québec à Chicoutimi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La soutenance sera sous la présidence de monsieur Patrick Villeneuve, professeur et directeur du programme de doctorat à l’École de service social, Université Laval.

 

RÉSUMÉ

Cette thèse a pour sujet la rupture amoureuse chez de jeunes hommes et s’inscrit dans les études sur les hommes et les masculinités. L’intérêt initial découle d’une expérience d’animation d’un groupe d’hommes en rupture dans un centre pour hommes de Québec, AutonHommie. De même, la rupture peut être problématique, elle serait l’un des principaux déclencheurs d’une tentative de suicide (Houle, 2005), d’homicide (Comité d'experts sur les homicides intrafamiliaux, 2012), et serait impliquée dans bon nombre de dépressions (Rotermann, 2007). L’expérience masculine de rupture est complexe en raison de difficultés à vivre le deuil, les pertes, et à accepter l’impuissance (Baum, 2003). Cette impuissance peut résulter en honte, elle-même liée au constat que les hommes sont réticents à demander de l’aide (Dulac, 2001). L’objectif principal est de comprendre comment des hommes vivent la rupture amoureuse et s’adaptent. Quatre thèmes sont déployés dans la problématique : les masculinités, l’amour, la rupture et le deuil. Le tout a été mis en contexte sur fond d’hypermodernité (Charles, 2007). L’approche théorique se compose de paradigmes compréhensifs des masculinités et d’un modèle du deuil sensible au genre (Martin et Doka, 2000). La méthodologie est qualitative, s’appuie sur des entrevues réalisées auprès de 24 hommes de 18-31 ans et implique une procédure d’analyse de contenu thématique (Paillé et Mucchielli, 2012).

Les résultats démontrent que la rupture serait une expérience de vulnérabilité, ces hommes s’y sentiraient dénudés. Ceux qui vivraient mieux la rupture auraient plus de ressources adaptatives et présenteraient un équilibre entre se laisser vivre la peine, la colère et la vulnérabilité, tout en étant dans l’action. Ensuite, ils ressentiraient moins la nécessité de se conformer aux contraintes de rôle de genre, ils vivraient moins la rupture comme un affront à l’ego et ressentiraient moins de honte, de difficultés à demander de l’aide et d’impuissance. Enfin, ils auraient des périodes de tourments mais se mettraient ensuite en posture d’apprentissage, essayant de saisir les aspects constructifs de la rupture. Ces résultats conduisent à proposer différentes suggestions pour les hommes en rupture, leurs proches et les professionnels de la relation d’aide, voire de formuler quelques souhaits pour une société meilleure.

Date et heure
Jeudi 12 décembre 2013 à 14 h

Lieu
Local 3632 (salle du conseil) - Pavillon Louis-Jacques-Casault - Université Laval, Québec