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SOUTENANCE DE THÈSE - Claudia Mosquera Rosero-Labbé

« CONSTRUCTION DES SAVOIRS D’INTERVENTION AUPRÈS DE LA POPULATION NOIRE DÉPLACÉE EN COLOMBIE (2005-2008) »

Membres du jury:

Yvan Comeau

Directeur de thèse

École de service socialUniversité Laval

 

Stéphanie Arsenault

 

 

Professeure

École de service social

Université Laval

 

Émilie Raymond

 

 

Professeure

École de service social

Université Laval

 

Marie Lacroix

 

Professeure et examinatrice externe

École de service social

Université de Montréal

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La soutenance sera sous la présidence de Monsieur Patrick Villeneuve, directeur du programme de doctorat et professeur à l’École de service social, Université Laval.

RÉSUMÉ

Les analystes du conflit armé interne en Colombie s’entendent pour affirmer que la situation s’est dégradée au cours des années 2000. L’action des principaux belligérants (l’armée nationale, les guérillas et les paramilitaires) a notamment eu pour conséquence de déplacer des milliers de personnes et de familles vers les villes. La réinsertion sociale de ces personnes et notamment des Noirs en milieu urbain représente une situation complexe et inédite pour les travailleuses sociales et les psychologues qui interviennent sur cette question dans le cadre d’un programme national. La thèse s’intéresse précisément à leurs pratiques d’intervention et à leurs représentations des situations d’intervention.

 

Sur le plan théorique, la thèse s’inspire de la théorie de la structuration d’Anthony Giddens. Les notions de pratiques, de conscience discursive et de réflexivité s’avèrent particulièrement fécondes pour procéder à une théorisation ancrée de la production des savoirs d’intervention. Les observations recueillies proviennent d’entrevues et de groupes de discussion avec des intervenantes, d’une part, et des déplacés noirs, d’autre part.

 

La thèse montre que les intervenantes ont développé une réflexivité qui leur est propre en puisant à différentes sources d’information et en valorisant certaines orientations. L’analyse met en évidence  trois courants d’idées influents qui donnent lieu à une diversité de pratiques : la connaissance scientifique, le mouvement des droits humains et l’insertion économique. En fonction de ces orientations, elles développent par l’expérience des habiletés et des savoir-faire dont elles peuvent rendre compte : l’observation de terrain, l’écoute, la relation d’aide, l’empathie, le travail en équipe multidisciplinaire et le jugement éthique, entre autres choses.

L’intervention rencontre plusieurs écueils. Pour l’essentiel, le programme national est fortement critiqué, voire ignoré par une majorité des déplacés afro-colombiens, notamment parce que les délais pour le volet assistanciel sont trop longs. De plus, la plupart des intervenantes occultent la réalité du racisme quotidien et de la discrimination raciale qui se manifestent de différentes façons et qui sont en fait une source d’exclusion sociale. La situation de déracinement et de difficulté de réinsertion attribue à ces déplacés une citoyenneté en suspens que l’intervention peut difficilement changer dans l’état actuel des choses.

Date et heure
Jeudi 18 décembre 2014 à 13 h

Lieu
Local 3244, Pavillon Charles-De Koninck, Université Laval